
Shell a acheminé du pétrole via un oléoduc nigérian pendant des années malgré les preuves de pollution, révèlent des documents
La multinationale britannique Shell a poursuivi l’exploitation de l’oléoduc Nembe Creek au Nigeria pendant plusieurs années, malgré des preuves internes attestant de la pollution généralisée qu’il causait. Des documents révélés par la BBC montrent que des avertissements concernant les risques liés à cette activité avaient été émis par des responsables de l’entreprise, mais n’ont pas été pris en compte.
Fait principal
Des courriels et présentations internes indiquent qu’un cadre supérieur de Shell avait déjà alerté, dès 2008, sur les dangers de pomper du pétrole brut à travers cet oléoduc, alors que celui-ci était sujet à des vols massifs et à des défaillances d’infrastructure. Le delta du Niger, région touchée par des décennies de marées noires, continue de subir des conséquences environnementales graves.
Ce qu’il s’est passé
Les documents obtenus par la BBC sont issus d’une procédure judiciaire en cours au Royaume-Uni, où des communautés locales réclament des réparations pour plus de 100 fuites de pétrole survenues entre 2011 et 2013. Ces fuites ont gravement affecté leur santé et leur environnement, ainsi que leurs moyens de subsistance.
Chronologie des événements
- 2008 : Un cadre de Shell avertit des risques liés à l’exploitation de l’oléoduc.
- 2011-2013 : Plus de 100 fuites de pétrole sont signalées, causant des dommages importants.
- 2022 : Shell vend l’oléoduc, mais les communautés continuent de réclamer des réparations.
Pourquoi cette information est importante
Cette affaire soulève des questions sur la responsabilité des entreprises multinationales face à la pollution qu’elles engendrent, en particulier dans des pays en développement comme le Nigeria. Shell, malgré ses efforts pour justifier ses actions, fait face à des accusations de négligence qui pourraient avoir des implications juridiques et financières significatives.
Les conséquences immédiates
Les communautés locales, qui dépendent de la pêche et de l’agriculture, voient leurs moyens de subsistance gravement affectés. Les habitants de Bille, par exemple, rapportent une diminution drastique des ressources halieutiques, ce qui les plonge dans la pauvreté.
Les réactions
Des leaders communautaires, comme le porte-parole du conseil des chefs locaux de Bille, affirment que Shell doit être tenue responsable. Ils dénoncent l’indifférence de l’entreprise face aux souffrances qu’elle a causées, affirmant que « tout ce qui s’est passé dans cet environnement est le résultat de la négligence ».
Les chiffres à retenir
- 1 milliard de dollars : Montant réclamé par les communautés pour réparation.
- 13 millions de barils : Volume de pétrole déversé depuis 1958, selon l’ONU.
« Nous croyons fermement au bien-fondé de notre dossier et nous défendrons vigoureusement nos allégations lors du procès l’année prochaine. » – Shell
Ce qu’il faut surveiller maintenant
Le procès en cours pourrait établir un précédent concernant la responsabilité des entreprises face aux dommages environnementaux dans des pays tiers. Les décisions qui en découleront pourraient influencer les politiques des multinationales concernant la durabilité et la responsabilité sociale.
Conclusion
L’affaire Shell au Nigeria met en lumière les défis auxquels sont confrontées les communautés locales face à la pollution générée par les multinationales. Alors que le procès se poursuit, les conséquences de cette négligence pourraient avoir des répercussions bien au-delà des frontières nigérianes.
Source principale
BBC
Sources complémentaires
Reuters, Le Monde, France Info, AP News, ONU
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Shell a ignoré des preuves de pollution au Nigeria, entraînant des conséquences environnementales graves et des poursuites judiciaires.
Mots-clés
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